Diagnostic de la vie associative

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DIAGNOSTIC DE LA VIE ASSOCIATIVE

DANS LES QUARTIERS PRIORITAIRES

DE LA POLITIQUE DE LA VILLE

DE SAINT-DENIS

Patrick Valéau & Yann Geoffroy

 

SYNTHESE

Février 2006

(dans le format de PDF)

 

Sommaire

 

Remerciements. PAGEREF _Toc127151531 \h 3

Introduction. PAGEREF _Toc127151532 \h 4

 

1. Les richesses des associations. PAGEREF _Toc127151533 \h 6

1.1. Les associations de quartier. PAGEREF _Toc127151534 \h 6

1.2. L’action des associations de Saint-Denis  PAGEREF _Toc127151535 \h 15

 

2. Les faiblesses. PAGEREF _Toc127151536 \h 20

2.1. Les associations de Saint-Denis : des aventures financières. PAGEREF _Toc127151537 \h 20

2.2. Les associations de Saint-Denis : des aventures humaines. PAGEREF _Toc127151538 \h 24

 

3. La Mairie de Saint-Denis face au développement de la vie associative. PAGEREF _Toc127151539 \h 29

3.1. Les aides financières. PAGEREF _Toc127151540 \h 29

3.2. L’accompagnement de la vie associative de Saint-Denis. PAGEREF _Toc127151541 \h 32

 

4. Recommandations et propositions. PAGEREF _Toc127151542 \h 38

4.1. Motiver. PAGEREF _Toc127151543 \h 38

4.2. Former

4.3. Négocier. PAGEREF _Toc127151545 \h 45

 

Conclusion. PAGEREF _Toc127151546 \h 47

 

Annexe 1. Méthodologies. PAGEREF _Toc127151547 \h 50


 

Remerciements

Nos remerciements vont à tous ceux que nous avons rencontrées, et qui ont accepté de nous faire partager leurs points de vue et leurs expériences dans le cadre de ce nouveau diagnostic. Merci de nous avoir fait confiance.

Nous voulons redire notre admiration et notre solidarité envers tous ces gens qui, chacun à leur façon, s’engagent et mettent leurs énergies au service des autres habitants de Saint-Denis. Souhaitons que ce document nous apprenne à mieux nous connaître pour, finalement, mieux nous respecter.

S’ « il n’est de vents favorables pour ceux qui ne savent où ils vont », si « gérer, c’est décider », voici un certain nombre d’informations pour vous permettre d’aller plus loin. Ce diagnostic vous invite à un petit temps de réflexion… avant de repartir sur le front de l’action.

Guide de lecture

Il n’est pas toujours aisé, ni pratique de lire un volume de 50 pages. Ce rapport peut être lu de différentes façons, à différents niveaux.

Les phrases en caractères gras italiques

Une première façon de parcourir ce rapport consiste à ne retenir que les phrases en caractères gras. Séparées des corps de texte, elles ponctuent ou accélèrent la lecture. Selon les cas, elles indiquent les questions posées ou les éléments de réponses introduits. A la façon des liens hypertextes, le lecteur peut les survoler pour ne s’attarder que sur les développements qui l’intéressent vraiment. 

Les extraits d’entretien

Une deuxième façon de lire ce rapport consiste à focaliser son attention sur les données de terrain recueillies. Les extraits des entretiens semi-directifs sont généralement situés en en-tête des parties. Il s’agit ce faisant de permettre au lecteur, comme nous l’avons fait nous-mêmes, de partir du terrain. Ces extraits, choisis en fonction de leur diversité, offrent un reflet des points de vue possibles indépendamment de leurs fréquences. Ils mettent les lecteurs dans « l’ambiance » de la partie. Au-delà des analyses auxquelles nous les avons associés, les extraits des entretiens permettent au lecteur de se faire sa propre « impression » des réalités étudiées.    

Tous les extraits d’entretiens introduits dans ce rapport sont suivis de la mention : « Extrait d’entretien avec un acteur de la vie associative dionysienne ». Dans le cadre du rapport intermédiaire, nous avions d’ores et déjà brouillé les pistes en modifiant une partie des références, notamment lorsque les extraits exprimaient des opinions plus tranchées. Certains lecteurs cherchaient à reconnaître dans ces extraits des acteurs qu’ils côtoient sur le terrain, qui plus est, en faisant erreur. C’est pourquoi, nous avons décidé de retirer toutes les références aux quartiers et aux fonctions. Les extraits que nous présentons sont expressément formatés pour garantir l’anonymat des participants à ce diagnostic.

Les graphiques statistiques

La plupart des figures référencées correspondent à des camemberts ou à des histogrammes très facilement lisibles. Des corrélations sont parfois introduites. Une corrélation est significative lorsque elle est marquée d’une ou deux étoiles. Ceci signifie que les deux variables sont liées : lorsque l’une augmente ou diminue, l’autre aussi. Ce lien permet d’envisager une relation de cause à effet, dont il reste encore à déterminer le sens.

Les statistiques constituent également un point d’ancrage pour la lecture : elles introduisent des faits à partir desquels le lecteur peut construire ses perceptions. Cela dit, ces faits appellent l’interprétation. Nos analyses permettent de mieux comprendre ces données.

En vous souhaitant bonne lecture

 

Introduction

 

« Pendant longtemps, on a fait croire que l’association c’était la panacée pour lutter contre le chômage, la misère du quartier : l’association c’était tout ! On pouvait tout faire avec une association. Et les gens ont gobé ça (…) On est donc tous resté dans cette mouvance. L’association y crée, y demande deux CES la mairie, na deux moun’ y travaille donc lé bon ! Mais enclencher une véritable politique d’animation sociale au travers de la vie associative, personne n’a pensé à le faire. Lé plus facile d’avoir trois associations sur le quartier avec 50 personnes qui fait un sortie en bus par mois : sa y fait un paquet largent, un paquet domoun’…sa c’est l’élu l’a donné, et y fait marche l’urne électorale ! »

Extrait d’entretien avec un acteur de la vie associative dionysienne

 

Des « la di, la fé »

Les associations occupent une place importante dans la vie de Saint-Denis, en pratique, mais aussi dans nos esprits : elles suscitent de nombreuses passions. L’objet de ce diagnostic est un sujet sensible sur lequel la plupart des personnes rencontrées avaient un avis souvent tranché :

*    Concernant les associations, certains les encensent : elles représentent pour eux une démarche altruiste dont la générosité ne saurait être questionnée. Elles seraient la Démocratie, une émanation incontestable des citoyens. Mais, d’autres les accusent : elles seraient inefficaces, les bénévoles d’antan auraient disparu pour laisser la place à des individus intéressés. Pire, des fonds et des moyens seraient parfois détournés ;

*    Concernant la Mairie, certains considèrent qu’elle soutient parfaitement le mouvement associatif, mais pour d’autres, dans le meilleur des cas le système mis en place est trop compliqué et peu efficace. Plus sévères, certains accusent la Mairie d’utiliser les associations à des fins pratiques, voire politiques.

Supporters et détracteurs continuent à débattre au « café du commerce » ou dans des espaces publics tels que le courrier des lecteurs ou à la une des journaux. Les « la di, la fé » vont bon train, mais, en attendant, nul ne sait vraiment où en est la vie associative.

Où en est-on vraiment ?

Où en est-on vraiment ? Ce diagnostic constate les liens très forts, historiquement ancrés, entre la Mairie et le tissu associatif de Saint-Denis. Les associations produisent de nombreuses richesses, mais restent très dépendantes de la Mairie :

*    Concernant les ressources financières, par rapport  aux subventions, en l’absence de critères de répartition clairement établis, les soutiens jouent, parallèlement au mérite des projets proposés, un rôle important ;

*    Concernant les Ressources Humaines, compte tenu des insuffisances du bénévolat et des difficultés de financer les postes salariés, les mises à dispositions (contractualisées ou pas) des personnels rattachés à la Mairie sont nombreuses.

Nous constatons là une relative contradiction entre les principes liés à la Loi 1901 et la Pratique.

Peut-il en être autrement ?

Mais, peut-il en être autrement ? La vie associative des quartiers de Saint-Denis peut-elle se développer indépendamment de la Mairie ? Difficilement ! Elle pourrait, mais les dionysiens devraient alors renoncer à de nombreuses richesses. Partant de là, il reste à voir si les représentants de la Mairie de Saint-Denis peuvent avoir suffisamment de recul pour favoriser l’émergence d’un contre-pouvoir, pour accompagner le secteur afin de le rendre plus autonome, pour négocier sans chercher à trop coordonner.         

Une synthèse

Le diagnostic de la vie associative de Saint-Denis repose sur la visite de 90 associations, sur  124 entretiens, ainsi que sur les réponses apportées par les 173 associations ayant retourné notre questionnaire composé de 39 questions. Ce document est la version « light » du rapport final remis à la Mairie de Saint-Denis : un rapport de 200 pages comprenant 61 extraits d’entretiens et 96 figures.

Ce document de synthèse est destiné à partager l’information. Il a vocation à devenir un support de communication, de dialogue et d’échange entre les différentes parties prenantes de la vie associative de Saint-Denis. L’objectif est de vous permettre de mieux vous comprendre afin de pouvoir mieux négocier et construire, ensemble, des solutions acceptables pour tous.

 

1. Les richesses des associations

Nous focalisons d’entrée sur les associations de quartier. Cette catégorie est celle pour laquelle nous possédions le moins d’informations au début de notre étude, en même temps que celle qui, semble-t-il, préoccupait le plus nos interlocuteurs de la Mairie. Nous avons donc concentré une partie de notre travail de terrain sur ces associations, pour ensuite, confronter nos observations aux données quantitatives extraites du questionnaire envoyé à toutes les associations référencées dans notre base de données. Nous avons pu ainsi mettre à jour certaines de leurs spécificités.

1.1. Les associations de quartier

1.1.1. Qu’est-ce qu’une association de quartier

Des associations situées dans le quartier

Le critère le plus évident peut être le siège : l’association fait, physiquement, partie du quartier. Un deuxième critère pour identifier les associations de quartier porte sur le champ géographique de l’action : nous définissons l’association de quartier par opposition aux associations ayant un rayonnement communal ou régional.  Au-delà de la situation géographique et du champ d’action, le critère sans doute le plus évident est celui des bénéficiaires : l’association de quartier doit bénéficier aux habitants de ce dernier, ceux-ci doivent être la finalité des actions entreprises.

Des associations par, pour et avec les habitants

Suivant ce dernier critère, l’association de quartier serait celle qui « se fait » avec la participation des habitants en tant qu’acteurs des actions ou, mieux encore, en tant que membres de son conseil d’administration, ce qui signifie qu’ils participent à sa gestion. Pour paraphraser une définition classique de la démocratie, les associations de quartier sont les associations : PAR les habitants du quartier, POUR les habitants du quartier, AVEC les habitants du quartier.

Exemple : une association aux effets globaux

L’association 2 se situe dans un quartier assez difficile où le taux de chômage est important. La délinquance chez les jeunes avait pris de telles proportions que les « institutionnels » avaient du mal à pouvoir venir travailler sur le secteur. Au départ, l’association a été créée pour permettre à des mères de familles de se retrouver et d’échanger autour de divers ateliers (couture, cuisine…).

Puis des activités ont été mises en place pour les enfants. L’association a également mis en place un projet de rénovation d’un local et ses alentours pour pouvoir abriter les activités de l’association. Cette dernière activité a été le prétexte pour renouer le dialogue avec les jeunes et les impliquer bénévolement dans la rénovation. D’autres projets vont suivre pour l’animation du quartier. Aujourd’hui, au sein de ce quartier, on a le sentiment qu’il y a une plus grande communication entre les habitants, les institutionnels reviennent à nouveau sur le secteur, le local de l’association est en train de devenir un lieu de vie dans le quartier, respecté par tous.

 

Figure  SEQ Figure \* ARABIC 1. Les valeurs citées en premier

Figure  SEQ Figure \* ARABIC 2. Les valeurs des associations de quartier

 

La solidarité : une valeur à la « mode » ?

Comme le montre la figure 12, la solidarité apparaît comme la valeur phare des associations dionysiennes. Si nous avions proposé notre questionnaire, il y a quelques années, sans doute d’autres valeurs auraient-elles pris le pas sur la solidarité. Dans le secteur associatif, comme partout, les mots vont et viennent, suivant le jeu des modes. Ces dernières années, le secteur associatif est de plus en plus souvent abordé comme une partie de l’économie solidaire.   

Une valeur fondatrice

Au-delà des modes, la solidarité rejoint les fondements des organisations associatives. Celles-ci répondent à des demandes qui ne sont pas rentables pour le secteur privé et qui ne font pas partie des priorités du secteur public, en tous cas qui ne relèvent pas des dépenses obligatoires des collectivités locales ou de l’Etat. Les associations constituent le tiers secteur : le « secteur des laissés pour compte ». Lorsqu’elles se situent dans des quartiers « défavorisés » en termes de chômage, d’insécurité, d’équipement public et d’animation, la solidarité se mêle à l’ensemble des autres valeurs proposées dans le questionnaire.

L’efficacité et l’usager : l’émergence de nouvelles valeurs

Comme le montre la figure 13, la satisfaction des usagers et l’efficacité n’arrivent presque jamais premières, mais elles sont prises en considération par une large moitié des associations. Presque systématiquement, la première valeur citée est une valeur universelle telle la solidarité, l’indépendance, la citoyenneté ou encore la démocratie. Mais ensuite, ces valeurs font place à des valeurs plus pragmatiques, qui reflètent la préoccupation des dirigeants associatifs : selon le type d’association, l’efficacité ou la satisfaction des usagers.

Une différence fondamentale entre les associations de quartier et les autres

L’analyse des valeurs nous permet de mettre à jour des différences fondamentales entre les associations de quartier et les autres : alors que la plupart des autres associations se fondent sur une séparation entre les membres de l’association et les bénéficiaires/usagers , autrement dit , entre ceux qui aident et ceux qui reçoivent, les associations de quartier se fondent davantage sur des formes de citoyenneté communautaire dans le cadre desquelles cette séparation laisse place à la notion d’entraide. Nous retrouvons ce faisant notre définition initiale : des associations de quartier par, pour et avec les citoyens.  

1.1.2. Les associations dans les différents quartiers

 

Cette partie du diagnostic analyse les façons dont, sur un territoire donné, à une époque donnée, se sont télescopées les politiques nationales et les problématiques locales. Elle nous plonge, de façon relativement détaillée, au cœur des singularités de la vie associative des différents territoires de Saint-Denis. Après avoir introduit le contexte général de cette commune, nous examinons la place des associations dans le développement local, quartier par quartier

1.1.2.1. Camélias / Vauban / Montgaillard

 

 « Nous l’avait entendu à la télé, le maire l’a dit que lu veut reouvre la MJC, mais lu veut que les gens du quartier lé acteurs de sa. Mais jusqu’à maintenant nous attend. Parce que moin personnellement, si demain y reouvre, mi voudrais bien rentre dans le CA de la MJC. De sorte que nous va défendre les causes des jeunes de Château Morange. Moin mon but c’est que demain, les jeunes y refréquentent la MJC. Demain si zot’ y fait des trucs, y faut que zot’ y refait confiance bonn’ jeunes. Zot’ y rouvre la porte. Le bonn’ jeunes l’a envie de participer ! »

Extrait d’entretien avec un acteur de la vie associative dionysienne

 

Le « château »

Nous sommes arrivés sur le secteur Camélias - Vauban - Montgaillard à un moment bien particulier : le moment où l’emblématique MJC Château Morange venait de mettre la clé sous la porte. Même si depuis un certain temps, la MJC fonctionnait au ralenti et que les acteurs du secteur étaient informés de ses difficultés financières, l’annonce de la mise en liquidation judiciaire d’un des piliers de la vie associative dionysienne a provoqué un choc. Depuis le mois d’août 2005, la MJC a rouvert ses portes, accueillant quelques activités d’associations du secteur. Tout le monde semble, à présent, attendre l’arrivée d’un directeur et la mise en place d’une politique d’animation ambitieuse qui permettrait de ramener les gens des Camélias, de Vauban et de Montgaillard au « Château ».

Les associations de professionnels

Le secteur est, par ailleurs, caractérisé par des « associations de professionnels » telles l’AMAFAR, l’AMARE, l’ANPAA. Ces associations qui sont rattachées à des structures associatives plus importantes, reconnues au niveau départemental voire national fonctionnent, et sont perçues, comme des institutions. Ces « associations de professionnels », de par leurs missions, offrent un véritable service public à la population, et cela ne peut bien évidemment pas se faire qu’avec des bénévoles. Elles doivent s’appuyer sur des salariés et sur une organisation et une gestion rationnelle et formalisée. Elles ont pour la plupart vocation à accueillir et accompagner des publics en difficulté sociale. Dans un quartier où le taux de chômage de la population avoisine les 40 %, cette vocation leur permet d’être intégrées à la vie associative du quartier.

1.1.2.2. Chaudron / Sainte Clotilde

 « Le problème ici, c’est que personne y veut pu rentrer dans un association déjà existant. Y faut que chacun y crée son ti l’association. Nous retrouve à nous avec pleins d’associations ou connaît même pas concrètement koué zot’ y fait dans la cité. D’ailleurs y ouvre aujourd’hui pou ferme demain. Mais l’a eu quand même le temps de gagn’ l’argent avec la mairie ! »

Extrait d’entretien avec un acteur de la vie associative dionysienne

 

Deux foyers de vie associative

Près du tiers des associations référencées dans notre base de données se trouvent situées sur l’un ou l’autre de ces secteurs : 106 sur le Chaudron, 206 sur Sainte Clotilde. Sur les 206 associations référencées sur Sainte Clotilde.

Sainte-Clotilde : une logique de sous-quartiers

Les associations de quartier de Sainte-Clotilde se répartissent sur les sous quartiers du secteur : Cité Damour, Lory les Bas, Jamalacs, Alamandas, les Tamarins, Deux Canons, Champ Fleuri… Elles développent une identification et un ancrage fort à leur environnement. Les rivalités entre résidents de chaque sous quartier se sont ainsi répercutées dans les relations entre les associations. Bien que leurs activités soient ouvertes à tout public, dans la pratique elles ne bénéficient qu’aux habitants des deux ou trois blocs d’immeubles qui composent leur « micro » quartier. Cela donne un tissu associatif qui se caractérise pour l’essentiel de petites associations dont le champ d’action se limite à un micro territoire, et qui oeuvrent en majorité dans le secteur de l’animation culturelle et sportive. Au milieu de ces petites associations, l’activité de l’association Maison de quartier des Tamarins prédomine. Cette association est citée en exemple par les acteurs associatifs du secteur, et il y a la volonté d’un certain nombre pour qu’elle devienne la locomotive du mouvement associatif sur le quartier.

Le Chaudron : un paysage diversifié

Au Chaudron, le paysage associatif est beaucoup plus diversifié que ce soit au niveau de la taille financière des associations que des actions portées par ces dernières. On peut y observer de petites associations dont le rayonnement se limite aux sous quartiers du secteur : Michel Debré, Cité Cowboy, les Badamiers, Eudoxie Nonge, Cité Hyacinthe… et dont les activités ont pour finalité l’animation de ces quartiers. Mais on y dénombre aussi de grosses associations telles le Case ou la régie de quartier Lantouraz. Ces associations qui sont associées au quartier du Chaudron, ont vocation, de par l’ampleur de certaines de leurs actions, à toucher les quartiers environnants : Moufia, Primat, Sainte Clotilde. La contribution des bénévoles dans leurs activités se limite aux grandes orientations données par le conseil d’administration et à une mobilisation ponctuelle sur des manifestations organisées par l’association. La gestion quotidienne de l’association et la mise en œuvre des actions sont confiées à des salariés. Ces associations ont un fonctionnement proche d’une entreprise traditionnelle.

Racine 1991

Entre ces deux « extrêmes » évoluent sur le secteur un certain nombre d’associations de taille moyenne qui œuvrent dans des domaines aussi divers que le sport, l’éducation populaire, l’action culturelle, l’accompagnement scolaire, l’animation, l’insertion, la mobilité mais dans une majorité des cas pour une même finalité : la prévention de la délinquance. Cette préoccupation commune à une majorité d’associations du quartier prend racine dans les événements de 1991. Suite à ces événements, de gros moyens ont été alloués pour le développement des associations dans le quartier afin d’apporter une réponse au malaise social qui y fut exprimé. Mais le partenariat entre associations du quartier semble difficile, malgré cet objectif commun. Des visions divergentes de la vie associative associées à des conflits de personnes rendent illusoire ce partenariat. Pourtant, cette coopération est paradoxalement souhaitée par la majorité des responsables associatifs rencontrés. Ces acteurs évoquent avec regret l’époque où des actions d’envergure étaient régulièrement organisées par le secteur associatif sur le quartier, notamment lors de grandes manifestations culturelles. Aujourd’hui, le défi pour les acteurs associatifs du Chaudron semble se situer à ce niveau : mettre les différents de côté et collaborer afin de redynamiser la vie associative sur le quartier.

1.1.2.3. La Montagne / Saint-Bernard / La Grande Chaloupe

 

 « Le défi à la Montagne, c’est la cohabitation, le maillage des populations. On dit la Montagne il n’y a que des « gros zozos ». Mais, c’est pas vrai, cette population se concentre au 8ème, mais après ça tu as tout un tas de quartiers et de sous quartiers plus ou moins enclavés, jusqu’à la Grande Chaloupe. Il y a des enclaves de grande pauvreté. (…) A la Montagne, on dirait qu’il se passe quelque chose : une sorte d’effervescence. Les associations se multiplient et proposent du plus en plus d’animations. Mais tu sais ça va, ça vient … rien ne dit que ça va durer. Il faut que ça se stabilise. (…)Dès qu’il y a une association l’élu est là. Il y a une certaine rivalité entre les deux élus, il y en a des associations qui sont soutenues par l’un, d’autres, c’est l’autre. »

Extrait d’entretien avec un acteur de la vie associative dionysienne

 

Quelques grandes associations

La Montagne avait depuis une dizaine d’années été dominée par un très petit nombre de grandes associations : par l’association de Quartier du Ruisseau Blanc et l’ESE dans les années 90, puis par Gen-ES dans les années 2000. Depuis quelques temps, on observe, à la Montagne, une politique très volontariste  en direction du milieu associatif de la part des élus comme des techniciens de la Mairie. Pour cette année 2005, on relèvera notamment :

*    la relance de l’ESE qui proposera à nouveau différentes animations sportives et culturelles « grand public » ;

*    la création d’Omnisport avec les Fédérations Réunionnaises de Sports destinée à exploiter le nouveau gymnase

*    la relance annoncée du Case de Saint-Bernard ;

Le territoire de la Montagne se trouve à présent bien rempli au niveau des moyennes associations. Aujourd’hui, on assiste semble-t-il à l’émergence d’une forme d’oligopoles : un tissu associatif structuré autour de plusieurs grandes associations. Cette multiplication des associations de tailles moyennes et grandes introduit dans la vie associative du secteur des changements sans doute plus importants qu’il n’y paraît.

Ramifier dans les sous-quartiers

Le défi pour les années à venir consistera à assurer la ramification de ce tissu dans chacun des sous-quartiers qui jalonnent les étendues de la Montagne. Aujourd’hui quelques petites associations commencent à graviter autour des grandes, mais elles restent selon nous encore en nombre insuffisant. Le développement de la vie associative dans les quartiers est un facteur primordial dans le développement des quartiers et l’intégration de leurs populations. Les associations Les Cerisiers, Terre Rouge, Moulin Cader et les Cœurs Vaillants constituent des succès pour le moins intéressants. Il importe à présent d’exporter ces dynamiques dans les nombreux petits quartiers du secteur.   

L’amorce d’une dynamique collective

La Mairie, et notamment les techniciens, ont beaucoup travaillé pour mettre en lien les différentes associations : on observe l’amorce d’une dynamique collective. Différentes manifestations rassemblent un nombre de plus en plus grand d’associations (Fête du Muguet, Fête du Goût Pai, 20 décembre). Les acteurs s’accordent aujourd’hui sur le fait que « ça bouge », mais, selon eux, ce n’est pas la première fois. Ils  attendent, avec prudence, de voir si tout cela va durer.

1.1.2.4. Moufia / Bois de Nèfles

 «  Ou voit sur un quartier comme le Moufia, 35 000 habitants, les gens se reconnaissent facilement dans une association. Mais les gens ne s’impliquent pas dans une association à cause de ça : manquement politique. Y connaît comment y fonctionne un l’association : faut être bien ek’ untel. Les gars y veut pas sa ! Zot y voit bien que dans les quartiers les associations y fonctionnent, c’est avec des gens qu’on a fait appel. Changement politique, changement de mandat : 5 associations y lèvent tout un coup et les zot’ y teinnent. Les zot’ y dort parce que zot’ l’avaient le même fonctionnement anciennement. Le même fonctionnement politique et zot’ y dort tout de suite. Nous nous lé en dehors de tout sa, et l’association la va dure vingt ans. Li teinnera pas comme sa ! »

Extrait d’entretien avec un acteur de la vie associative dionysienne

 

Après le temps du collectif

Les liens forts qui unissent les quartiers du Moufia et du Bois de Nèfles se retrouvent dans la vie associative, par le biais du collectif. Mais depuis les difficultés rencontrées par ce dernier, les collaborations entre associations des deux secteurs se font rares. Sur le Moufia, chaque association évolue désormais de façon relativement isolée, il ne semble pas y avoir une réelle volonté des acteurs de travailler ensemble. Cela est dû au fait que la vie associative redémarre sur le secteur avec des associations nouvellement créées ou reprises par des bénévoles n’ayant pas connu les expériences des collaborations d’antan. La plupart des associations ont pour préoccupation première de s’imposer sur le secteur et de pérenniser leurs activités, avant même de penser à participer à une dynamique associative sur le quartier.

Chacun de son côté

Cette absence de coordination entre les associations du secteur, est symbolisée par le fonctionnement actuel du Case des Bancouliers. Ses locaux sont occupés de façon ponctuelle ou permanente par trois associations : l’Association des Jeunes du Moufia (AJM) qui gère les lieux à la demande de la municipalité, le Collectif qui a mis en place un cyber case sur le site des Bancouliers et le Club animation prévention qui occupe une des salles dans le cadre de son intervention sur le secteur. Ces associations n’ont aucun contact entre elles, chacune mène ses activités sans se préoccuper de ce que proposent les autres.

Le redémarrage du case

Sur le Bois de Nèfles, la vie associative redémarre aussi par de petites initiatives isolées les unes des autres mais qui contribuent ponctuellement à mettre de l’animation dans le quartier. Mais de nombreux acteurs du secteur, notamment la municipalité, attendent beaucoup du redémarrage du Case, qui a toujours été du temps où il était en activité la locomotive du tissu associatif du quartier.

1.1.2.5. Bretagne / Domenjod / Primat

 

 « En ce moment, cette lé dommage c’est que le collectif li fait plus un travail d’accompagnement individuel avec chaque association adhérée, alors que normalement un collectif y devrait mettre en commun tout’. Si, na peut-être la fête la bretagne ou tout le monde y travaille ensemble. Mais y sava pas plus loin que sa. »

Extrait d’entretien avec un acteur de la vie associative dionysienne

 

Un secteur de taille plus modeste

Parmi les six quartiers de la politique de la ville, La Bretagne - Domenjod – Primat est celui où l’on recense le moins d’associations : une quarantaine sur la Bretagne, une vingtaine sur Primat et  sur Domenjod. Ces chiffres sont à mettre en lien avec la population du secteur : 10 000 habitants sur la Bretagne, 2000 sur Primat et 2000 sur Domenjod.

Le dernier collectif

La Bretagne est l’unique secteur de Saint-Denis qui compte encore un collectif qui fédère la majorité des associations de quartier de la Bretagne mais aussi de Domenjod. S’il n’a pas disparu en même temps que les autres collectifs que comptait la ville, c’est le fait d’une volonté forte de l’élu du quartier de maintenir en vie une structure apportant un appui important aux associations. En effet, le collectif permet de soulager leurs bénévoles d’une partie des tâches administratives, voire d’apporter un appui pour l’élaboration de leur projet. Mais l’influence du collectif va bien au-delà de cet appui technique aux associations. Car chaque association peut se faire représenter au sein du conseil d’administration. Cela permet aux acteurs de se connaître, d’échanger et de se tenir informés de la vie associative du quartier.

Des activités sportives

On peut constater que sur ce secteur, l’offre d’activités sportives par les associations est assez conséquente. La part des sports individuels est importante avec notamment les sports de combats proposés à la maison des arts martiaux de la Bretagne ou au Case de Domenjod, ou encore le tennis sur Primat. Les sports collectifs sont également présents : le handball à Primat et le football à la Bretagne et à Domenjod, et bientôt le volley ball. Les associations d’animation culturelle comptent aussi parmi les plus dynamiques sur le secteur : que ce soit l’association de quartier de Bellevue, l’association Philibert Commersson, le case de Domenjod, ou encore l’association de quartier de Primat, elles sont perçues comme des références au niveau de leur quartier respectif.

L’emploi

Il est à noter que l’emploi reste une préoccupation forte des associations du secteur. Deux associations ont pour objet l’insertion par l’emploi des habitants en difficulté sociale de leur quartier respectif (Bretagne et Primat). Ces associations évoluent toutes les deux sur un marché concurrentiel afin de développer leur autofinancement.

1.1.2.6. Source / Bellepierre / Bas de la Rivière

 « Ici les associations y vivent en cloisonnement. Cette rivalité qui tend à disparaître : marmay la rivière c’est marmay la rivière, marmay la colline c’est marmay la colline, marmay l’abattoir c’est marmay l’abattoir…même si ça a pas complètement disparu, cette histoire est encore là. Il y avait des associations mais les gens que lé la y sent à zot’ pas concernés du tout par l’association que lé juste là bas côté l’abattoir, or que c’est le bas de la Rivière aussi. Mais ces personnes y arrivent à retrouvent à zot’ devant la boutique, mais quand il s’agit d’organise un affair, le mur y revient ! »

Extrait d’entretien avec un acteur de la vie associative dionysienne

 

Des associations régionales

Le tissu associatif sur ce secteur est composé majoritairement d’associations n’ayant pas pour vocation d’intervenir uniquement dans le quartier. En effet, la localisation au Bas de la Rivière d’infrastructures accueillant des entreprises du secteur tertiaire et des services administratifs, ainsi que celle du Centre Hospitalier Départemental et de l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres à Bellepierre entraîne la présence en leur sein d’associations dont l’activité est liée aux compétences développées par ces structures. Ces associations sont implantées sur le territoire mais elles n’ont aucun impact sur la vie du quartier. Sur la Source, les associations intervenant uniquement dans le quartier sont elles aussi peu nombreuses. Nous avons référencé un certain nombre d’associations ayant un ancrage fort au quartier mais dont l’activité touche un public plus large que les seuls résidents de la Source (Handball Club de la Source, Sours’ Perkysion, AREM…).

Des associations récentes

La vie associative sur ce secteur est en reconstruction. Les associations de quartier les plus actives, notamment sur Bellepierre et le Bas de la Rivière, fonctionnent pour la plupart depuis moins de deux ans. Ces associations résultent rarement d’une nouvelle création : ce sont le plus souvent des associations qui existent depuis une dizaine d’années et qui ont connu une succession de phases d’activités et de sommeil. Le redémarrage de l’activité se fait presque à chaque fois avec des dirigeants différents, alors que les bénéficiaires sont bien souvent les mêmes.

Après le temps du « foyer »

Le tissu associatif de la Source et du Bas de la rivière semble orphelin de la période où, respectivement, le foyer de la Source et le foyer Reydellet jouaient un rôle de « brasseur » d’associations : toute l’organisation de l’animation se faisait dans ces lieux. Ils représentaient aussi un point de rencontre pour les jeunes de ces quartiers. Mais comme toutes les structures jeunesses de Saint-Denis, ils ont connu des difficultés suite au départ des salariés de Saint-Denis Jeunes. Pour survivre, le foyer de la Source a du redéfinir ses orientations et un directeur était en cours de recrutement pour redonner au foyer la place qui était la sienne dans la vie du quartier. Le foyer Reydellet, lui n’a pas survécu. Après, une longue période de transition, les associations tentent de prendre le relais et une dynamique intéressante semble se mettre en place dans la vie associative du quartier.

De petites associations par sous-quartier

Sur Bellepierre, il n’y a pas de grosses structures jeunesses phares : l’activité associative se développe surtout dans la zone d’habitations collectives qui occupe une grande partie de sa superficie. Même si ils sont distants pour certains d’une centaine de mètres, chaque bloc d’immeubles(Maïdo, les Opales, Pavadé, Rose des sables, les Granits, Dolomieu, Dimitil, Kervegen Montplaisir, les Corindons, les Emeraudes…) possède son ou ses associations référente(s). Ces associations reposent le plus souvent sur une voire deux personnes qui cumulent tous les rôles dans l’association. Elles ont en majorité pour vocation de départ l’animation du quartier autour de quelques petites activités (ateliers de danse, sorties en bus, organisation d’une petite manifestation pour la fête des mères, etc.).

 

1.2. L’action des associations de Saint-Denis

Nous ne pouvons que constater les richesses produites dans le cadre de la vie associative à Saint-Denis. Il y a, bien sûr, les biens et services proposés et les emplois créés. Au-delà, les associations de Saint-Denis introduisent dans les quartiers une convivialité propice aux liens sociaux. Elles constituent de véritables lieux alternatifs dans le cadre desquels les citoyens, quel que soit leur âge ou leur situation socioéconomique, participent à la construction de la société et y trouvent leur place.

1.2.1. Ce que font les associations

Des services répondant à des besoins ignorés par le marché et l’Etat

Les économistes voient les associations en tant qu'organisations productrices de biens et services capables de répondre à des demandes ignorées par les entreprises privées et les pouvoirs publics. Ces demandes se distinguent souvent par leur caractère minoritaire et/ou non solvable. On reconnaît et regroupe ces organisations dans le secteur de l’économie sociale et solidaire.

Diversité des activités

La diversité des activités proposées par les associations nous montre l’importance de ces structures dans la vie économique, sociale et culturelle de la ville de Saint-Denis. Comme le montre la figure 15, les productions des associations dionysiennes prennent rarement la forme de biens manufacturés. Ce sont le plus souvent des prestations de services, des animations ou des communications. Ces productions sont rarement vendues aux bénéficiaires. Suivant la nature du produit, les notions de besoin et de demande sont plus ou moins pertinentes : s’il est relativement aisé de voir les besoins et les satisfactions liés, par exemple à des clubs de sports, il est plus difficile d’aborder en ces termes les effets indirects de l’éducation populaire ou de l’insertion.

Des associations polyvalentes

Comme le montre la figure 16, la plupart des associations se retrouvent entre plusieurs domaines, plus particulièrement les associations de quartier. Deux explications se recoupent :

*    la polyvalence des associations : à l’instar des entreprises, de nombreuses associations développent différents secteurs d’activités ;

      - la duplicité de certaines activités : par exemple le soutien scolaire est à la fois une activité éducative et une activité sociale. De même, les arts plastiques peuvent être tour à tour envisagés comme des activités éducatives, artistiques ou en loisir.

Ce phénomène devient problématique lorsqu’il s’agit de demander une subvention à un service de la mairie ou du département : il faut se situer dans une case. De plus en plus les services de la marie demandent à financer par action ce qui pose le problème du financement des charges de structures.

1.2.2. Avec qui

 

« Je ne crois plus au bénévolat. Il faut maintenant professionnaliser (…) Au niveau des responsables, il ne faut pas des bénévoles. Il faut des gens, des professionnels qui soient formés à ça. Après on en a de temps en temps des bénévoles, on va en avoir plein en juillet / août qui vont venir nous aider pour des actions dans les centres aérés. Ils sont les bienvenus mais c’est pas eux qui font avancer…si enfin leur action est louable mais pour diriger une association le bénévolat ne sert plus. »

Extrait d’entretien avec un employé d’une association

 

Figure  SEQ Figure \* ARABIC 3. Répartition des associations / utilisation du bénévolat sur le terrain

 

Figure  SEQ Figure \* ARABIC 4. Répartition des associations / emplois salariés

 

Figure  SEQ Figure \* ARABIC 5. Structure des emplois entre les associations de quartier et les autres

 

Les liens du « tan lontan »

Nous avons constaté que les associations de quartier contribuent à maintenir au cœur d’une société réunionnaise de plus en plus moderne, les vertus du « tan lontan » : « solidarité », « adhésion », « valeurs partagées », « engagement du dirigeant associatif  » dans une « action collective » (figure 31). Elles font renaître le lien social et la tradition du don. Suivant cette perspective, ces associations constituent une alternative à l’individualisme lié à l’urbanisation croissante des différents quartiers de Saint-Denis. Ainsi, pour certains dirigeants des associations de quartier avec lesquels nous nous sommes entretenus, les bénévoles constituent des usagers de l’organisation.

Le bénévolat comme fondement de la vie associative

Malgré l’impression quasi unanime des dirigeants associatifs avec lesquels nous nous sommes entretenus, d’une crise du bénévolat à Saint-Denis, comme le montre la figure 58, l’activité des associations repose encore fortement sur des bénévoles. Plus de 80% d’entre elles comptent en leur sein des bénévoles qui participent à leurs actions sur le terrain.

Recruter des salariés

Lorsque l’association grandit, son activité se développe, le fonctionnement avec essentiellement des bénévoles peut atteindre ses limites. Les dirigeants doivent décider entre préserver le projet associatif de départ en mettant un frein à la croissance de la structure et faire appel à des salariés en prenant le risque de remettre en cause des valeurs qui étaient véhiculées par l’association.

Une professionnalisation souvent devenue obligatoire

A la base, les associations sont des organisations sans but lucratif fonctionnant essentiellement avec des bénévoles. Mais les domaines d’activités qu’elles investissent, l’évolution de la réglementation de certains domaines, les enjeux financiers autour de certains projets ont rendu le recours à la main d’œuvre salariée utile, voire nécessaire.

L’emploi : une fin en soi ?

Avec la montée croissante du chômage à la Réunion, le secteur associatif a été utilisé par les pouvoirs publics comme instrument expérimental de lutte. Des années 90 jusqu’à récemment, l’emploi est devenu une fin et non plus un moyen. Des associations ont même été mises en place dans le seul but de créer de l’emploi. Ce faisant, le secteur se caractérise par la précarité des emplois proposés. Plus la zone d’intervention est restreinte et plus la précarité de l’emploi est importante : 65% de CDI dans les associations ayant au minimum un rayonnement communal contre à peine 12 % dans les associations de quartier. Ceci est essentiellement dû à la structure financière de ces associations qui ne leur permet que rarement d’envisager leur activité au-delà d’une année.

 

2. Les faiblesses

Les richesses produites par les associations de Saint-Denis sont évidentes et essentielles, mais elles ne peuvent être tenues pour acquises. Derrière la « production » globale de chaque quartier, se cache un très fort « turn-over » : le taux de création de nouvelles associations doit être mis en perspective avec le taux de disparition. Ainsi, qu’elles soient petites ou grandes, pour les associations,  le véritable défi consiste à survivre. Ces cessations laissent souvent des bénévoles, des bénéficiaires et des habitants des quartiers désemparés. Avant d’analyser ce phénomène, il convient de mieux en comprendre les causes.

3 façons de disparaître

Les causes de cessation des associations dionysiennes rencontrées peuvent être rassemblées autour de trois grandes catégories :

*    la faillite : l’association ne peut plus fonctionner ;

*    la fermeture par les dirigeants associatifs : les membres décident eux-mêmes de renoncer à leur action ;

*    le sommeil : très courant à Saint-Denis, l’association continue d’exister, mais n’a plus d’activité.

Nous analyserons tout d’abord les facteurs financiers, puis les facteurs humains influençant la cessation d’activité.

 

2.1. Les associations de Saint-Denis : des aventures financières

Bien que non lucratives, les associations sont, au même titre que les entreprises, soumises à certaines lois financières. Les associations doivent payer leur personnel et leurs fournisseurs et ne peuvent se maintenir, indéfiniment, à découvert. Elles doivent absolument générer un revenu supérieur ou égal à leurs dépenses. Les associations de quartier que nous avons étudiées répondent souvent à des demandes non solvables. La plupart ne pouvant véritablement autofinancer leur activité, une part importante de leurs revenus provient de financements publics, et plus particulièrement de la mairie de Saint-Denis. La quasi-totalité d’entre elles développent ainsi des dépendances plus ou moins fortes par rapport à des subventions qui parfois tardent à se concrétiser.

2.1.1. L’accès aux financements publics

 

« …Ca c’est la capacité financière de la Ville de Saint-Denis. Ca y doit nourrir l’ADEP, l’ARAST , le CAP, les associations de quartier…tout’ ! La mairie y dit moin néna sa, mes priorités c’est le CAP parce que c’est un outil que moin l’a créé, l’ADEP dans l’éducation populaire, et puis le reste prend le reste ! Nous lé donc obligé d’être concurrent. »

Extrait d’entretien avec un responsable associatif

 

 

 

 

 

 


 

Figure  SEQ Figure \* ARABIC 6. Donnée généraleAccès des associations aux subventions des différentes collectivités

 

Le manque d’informations freine l’accès aux subventions

Pour pouvoir accéder aux financements publics, les responsables des associations de Saint-Denis doivent tout d’abord connaître les différentes subventions possibles et comprendre les conditions de leur attribution. Nous avons constaté, à ce niveau, chez un grand nombre de responsables d’associations, un réel manque d’informations et de compréhension. D’une façon générale, les subventions les plus connues et les plus recherchées au niveau des quartiers restent les subventions de la municipalité : la plupart des associations se limitent à ces dernières. Plus l’échelon institutionnel semble « éloigné » de la vie des quartiers, moins il est sollicité par ces associations. La proximité est un facteur important pour la recherche et l’accès à l’information.

Des demandes en fonction des préoccupations des financeurs ?

Le fait que 55% des associations étudiées se retrouvent sur deux domaines d’activités au minimum traduit leur polyvalence. Mais cela est aussi lié, dans la pratique, à l’adaptation du projet associatif aux priorités des financeurs : l’animation de quartier ou le sport deviennent des supports pour la prévention de la délinquance, les sorties en bus qui sont perçues comme une activité de loisir par les bénéficiaires, sont présentées en tant qu’activité pédagogique (on rajoute dans le circuit des visites de musées, de lieux culturels, de fermes pédagogiques…) et créant du lien social…

Une charge de travail importante

L’attribution de financement est conditionnée à la remise d’un dossier où sont notamment formalisés le projet, un budget et la justification de différentes pièces administratives concernant l’association. Faire des demandes de subventions entraîne pour l’association des démarches administratives. Pour les associations fonctionnant essentiellement sur du bénévolat, ces démarches sont parfois ressenties comme contraignantes. Elles se sentent lésées par rapport aux associations ayant du personnel.

 

2.1.2. La dépendance aux financements publics

« …c’est une bataille permanente. A chaque fin d’année, on doit préparer les projets du prochain exercice, puis il faut attendre décembre pour avoir les informations du budget primitif des mairies, pour savoir combien ils nous ont accordé (…) l’enveloppe accordée va-t-elle permettre de mettre en place tous les projets ? (…) pourra-t-on tenir toute l’année avec le peu d’argent donné ? (…) tout cela est une sorte de souci permanent qui use forcément. »

Extrait d’entretien avec un responsable associatif

 

Figure  SEQ Figure \* ARABIC 7. Répartitions moyennes des différentes sources de financement

 

La dépendance

Pour la moitié des associations étudiées, les financements publics représentent plus des trois quarts de leurs ressources. Rares sont les associations qui peuvent autofinancer leur activité ; surtout lorsque l’on rajoute à ces subventions, les emplois aidés, le personnel mis à disposition, les locaux et autres équipements mis à disposition.

L’hybridation des ressources

Nous avons constaté que pour les associations récemment créées, les préoccupations sont de trouver des financements pour acquérir les ressources humaines destinées à mettre en œuvre les projets. Une fois la structure bien installée dans le paysage associatif du quartier, de la ville, la préoccupation devient la diversification des sources de financements afin de pérenniser leur activité. Les associations peuvent tenter de diversifier les financeurs, elles peuvent tenter d’augmenter la part des cotisations, elles peuvent chercher à faire de nouvelles recettes, mais avec des usagers souvent relativement peu solvables, les marges de manœuvre restent minces.

La menace de disparaître

De nombreuses associations peuvent disparaître ainsi, faute de renouvellement de leurs subventions. Cette pratique est ressentie par certaines associations comme les mettant à la merci des changements de politique et/ou de majorité.

Dépendance des associations et pouvoir des financeurs

Dans ce contexte, la tentation est grande pour les associations de répondre favorablement aux sollicitations de leur(s) financeur(s). Cela peut se traduire par la présence à des réunions, par des manifestations organisées par ce(s) dernier(s). L’association peut être amenée à porter des actions en inadéquation avec son projet associatif. Ainsi, on a eu le cas d’une petite association de quartier dont le but était de mettre en place des petites activités occupationnelles (cuisine, poterie…) pour un public essentiellement féminin, être sollicitée par la mairie pour porter un chantier d’insertion. Elle peut même être sollicitée pour « rendre des services » contraires à son éthique : par exemple mobiliser les bénévoles de l’association pour accueillir un ministre ou une personnalité politique, à la demande de l’élu de secteur.

A chaque association de poser ses limites

Jusqu’où l’association doit-elle aller ? Elle a toujours la possibilité de refuser. Mais quelle sera la conséquence de ce refus sur la prochaine demande de subvention ? Les dirigeants sont ils prêts à mettre en péril l’existence même de l’association, surtout si elle emploie du personnel 

2.1.3. La trésorerie

« Là ça a touché la partie financière, j’ai passé une période où je ne pouvais plus, j’avais ratiboisé tous les comptes (…) heureusement j’ai une subvention qui doit tomber le mois prochain »

Extrait d’entretien avec un responsable associatif

 

Suffisamment d’argent… au bon moment

Un des problèmes des associations sur Saint-Denis est le moment où le financement promis dans le cadre d’une convention de subvention devient réalité. En effet, les financements ne sont pas forcément versés en début d’année, ni même au moment où les actions concernées démarrent. A cela s’ajoute le fait que la subvention est étalée en deux ou trois versements sur l’année ; le solde étant toujours conditionné à la remise du bilan d’activité. L’association se retrouve à engager des actions, payer du personnel alors que la totalité des financements n’est pas disponible.

Des solutions de court terme

Afin de pouvoir faire face à ces contraintes, l’association gagne à pouvoir compter en son sein des compétences comptables, mais le problème reste bien réel. On a pu observer ainsi des stratégies plus ou moins homologuées comme par exemple l’ouverture de plusieurs comptes bancaires afin de pouvoir jongler avec les autorisations de découvert. Ces solutions ne peuvent être indéfiniment perpétuées, les problèmes de trésorerie peuvent aboutir à la cessation de paiement et à la faillite.

Les risques financiers liés à la création d’emploi

Les associations employant un ou plusieurs salariés ont à faire différentes déclarations et à émettre des bulletins de salaires en bonne et due forme. Elles doivent aussi faire face au paiement de ces salaires ainsi qu’aux charges salariales et patronales associées. L’embauche et la gestion de salariés, quel que soit le type de contrat, impliquent des compétences que ne possèdent pas toutes les associations. Qui plus est, elles introduisent des charges dont l’association doit s’acquitter quoi qu’il arrive chaque mois. Ce faisant, la création d’emploi introduit un risque majeur en terme de trésorerie.     

 

2.2. Les associations de Saint-Denis : des aventures humaines

Les problèmes financiers sont effectivement très prégnants, mais ils n’expliquent pas, à eux seuls, toutes les cessations constatées dans les différents quartiers de Saint-Denis. Le facteur humain, dans les structures associatives plus encore qu’ailleurs, joue un rôle essentiel. Une partie de la réussite de ces dernières repose sur le vouloir et le pouvoir des individus impliqués.

2.2.2. Les motivations

 « Sans me vanter, je fais 70% des actions montées. J’aime bien tout ce qui est organisation, je maîtrise plus ou moins. Il faut déjà un bon groupe et puis quelqu’un qui pousse un petit peu, sinon (…) Je donne ce que je peux, des fois peut-être que je donne trop, car quand on donne trop les autres ont tendance à donner moins »

 Extrait d’entretien avec un responsable associatif

 

« Vers 1998, j’ai laissé, j’avais besoin de souffler ! Gérer une association c’est tuant, c’est tuant ! A un moment donné, on est toujours dehors, on ne fait pas ce qu’on a à faire chez soi, et puis chez toi ça périclite un peu, et puis à côté on est performant pour les autres, le juste milieu est difficilement trouvable… »

Extrait d’entretien avec un responsable associatif

Figure  SEQ Figure \* ARABIC 8.  Le « turn over » des dirigeants

 

Figure  SEQ Figure \* ARABIC 9. Les changements introduits par les nouveaux dirigeants

 

Les motivations humaines : l’origine de toutes les associations

Pour commencer, il peut être utile de rappeler l’évidence suivante : les associations n’apparaissent pas de façon spontanée, elles résultent de l’initiative d’une ou plusieurs personnes. La première condition pour que se développe une association consiste à trouver des ressources humaines pour la créer et la développer.

Des actions collectives ou individuelles

A priori, l’association est une démarche collective. En pratique, à Saint-Denis, beaucoup d’associations de quartier sont tenues par un petit nombre d’individus, voire dans certains cas un seul individu, qui cumulent pratiquement tous les rôles dans l’association : président, trésorier, directeur, employé…Ce phénomène peut être dû aux difficultés de mobiliser d’autres personnes, il est souvent associé à des formes de sur-implication. Cette sur-implication peut être vue comme un point positif : un petit noyau dur donne à l’association tout ce qu’il a, mais elle peut, si l’on n’y prend pas garde dériver sous la forme d’appropriation exacerbée. Ce fonctionnement unipersonnel peut être contestable du point de vue des valeurs démocratiques éventuellement défendues par les autres membres. Il peut être dangereux pour la survie de l’association dans la mesure où cette dernière dépend de la motivation et des compétences d’une seule personne. 

Les conflits et les jeux de pouvoir

Le dernier écueil lié aux motivations des ressources humaines réside dans les tensions entre les individus impliqués. Même si la plupart des associations revendiquent des valeurs de solidarité et de convivialité, force est de constater qu’elles n’échappent pas aux jeux de pouvoir et aux conflits. Ces derniers correspondent souvent à la confrontation de différentes visions, ils résultent aussi parfois de conflits d’intérêts personnels des individus. Le pouvoir existe aussi dans ces organisations : il constitue une ressource à laquelle différents acteurs peuvent pouvoir prétendre.

Des motivations usables

L’implication des membres les plus actifs, notamment des dirigeants n’est pas éternelle. Les responsabilités sont nombreuses et la reconnaissance et le succès ne sont pas toujours au rendez-vous. Nous avons souvent constaté un phénomène d’usure. Comme le montre la figure 65, près de la moitié des dirigeants rencontrés n’étaient pas là à la création. Comme le montre le tableau 66, ce « turn over » est bien évidemment lié à l’ancienneté, mais aussi à la croissance des effectifs salariés, même si ces deux variables sont liées, ces corrélations laissent penser que la transformation de l’association favorise le remplacement du dirigeant. Comme le montre la figure 67, les deux tiers des nouveaux dirigeants introduisent des changements plus ou moins importants.

Le changement de dirigeant : un risque majeur !

Ce turn-over des membres actifs est une des causes majeures de l’instabilité de la vie associative sur Saint-Denis : de nombreuses associations tombent en sommeil suite au départ de leur « leader ». Le fait est également avéré pour les entreprises lucratives, la reprise d’une organisation est un  défi aussi important que sa création. A chaque fois, il y a un réapprentissage, de part et d’autre : de la part du dirigeant et de son équipe.

2.2.3. Les compétences

 « C’est comme si demain, un gars, entre parenthèses sans formation pour gérer une association, ou plutôt pour gérer les sous, enfin l’argent public, il se met à être trésorier, enfin du jour au lendemain, on peut pas décider qu’on est trésorier .On peut pas gérer sur l’année 10 000 euros à peu près, si on n’a pas une gestion, enfin la base pour gérer, enfin utiliser l’argent public, C’est ça qui casse la gueule au niveau associatif. »

 Extrait d’entretien avec un responsable associatif

 

« Là on ne reçoit plus les subventions, parce qu’on a un problème juridique, on a pas fait notre assemblée générale. »

Extrait d’entretien avec un responsable associatif

 

 

Figure  SEQ Figure \* ARABIC 10.  Les niveaux de compétences des associations dans les différents domaines

Figure  SEQ Figure \* ARABIC 11. Formation en comptabilité dans les associations intervenant uniquement dans les quartiers

 

 

 

Croissance

Compta fin

,177(*)

*  La corrélation est significative au niveau 0.05 (bilatéral).

Figure  SEQ Figure \* ARABIC 12. Corrélation entre la compétence en comptabilité et la variation d’activité

 

La question de la professionnalisation

La professionnalisation est l’une des principales questions émergeant des terrains étudiés dans le cadre de ce diagnostic. Certains acteurs de la vie associative de Saint-Denis la réclament, d’autres s’en méfient considérant qu’elle risque de se développer au détriment des motivations militantes. Il s’agit effectivement de ne pas brusquer les choses et de respecter la culture en place, cela dit, le développement et la survie passent souvent par l’introduction de nouvelles pratiques de gestion.

Des besoins différents suivant la taille

Le manque de formation et d’informations sur la législation d’une grande partie des bénévoles a permis d’instaurer des règles coutumières dans la gestion des associations de Saint-Denis. Cette gestion approximative n’est pas forcément un problème lorsque l’association reste de petite taille. Elle devient un obstacle lorsque cette dernière mobilise des fonds publics ou implique des membres plus nombreux. Certaines associations se retrouvent ainsi hors la loi et peuvent être dénoncées.

Les compétences en comptabilité-finance

De même, les compétences comptables et financières deviennent, passé un certain stade, absolument nécessaires. Le législateur a prévu en fonction des niveaux de revenus, l’obligation de recourir à un commissaire aux comptes. Mais ce dernier ne peut complètement se substituer aux membres de l’association, qui doivent pouvoir, en dernier prendre les décisions. C’est en comptabilité que les associations de Saint-Denis présentent le déficit de compétence le plus important. Comme le montre la figure 69, ce constat est encore plus marqué pour les associations de quartier : seules 10% d’entre elles maîtrisent cette compétence. La compétence en comptabilité est synonyme de professionnalisation : elle devient nécessaire avec la croissance de l’effectif salarié ; elle est le plus souvent acquise à travers le recrutement d’un  directeur. Elle reste en revanche indépendante de l’effectif bénévole.

Une compétence favorisant l’accès aux subventions

La compétence en comptabilité est liée au développement de l’organisation. Même en neutralisant l’effet de l’effectif, de la présence d’un directeur ou de l’ancienneté, le lien entre la compétence en comptabilité et le montant des subventions obtenues est avéré. On pourra s’interroger sur le sens de la causalité, mais considérant les informations requises dans le cadre des formulaires de demande de subvention, cette compétence apparaît pour le moins utile. Cela dit, si cette compétence semble être discriminante dans l’obtention des subventions de l’Etat, elle ne semble pas jouer de façon systématique dans l’accès aux subventions de la Mairie. Comme nous le verrons par la suite, les associations peuvent être aidées par des compétences extérieures, par exemple par les techniciens de la Mairie, comme nous l’avons mentionné auparavant, les associations peuvent , par ailleurs, être soutenues par les élus.

 

3. La Mairie de Saint-Denis face au développement de la vie associative

 

De nombreux acteurs participent désormais au développement de la vie associative à Saint-Denis, que ce soit :

*    au niveau des financements (les collectivités locales, les services déconcentrés de l’Etat, les organismes de financement tels que l’ADP…),

*    au niveau de l’accompagnement (les structures membres du Réseau d’Appui aux Initiatives Solidaires, les associations telles l’ADEP, l’ARAST, le CAP…),

*    au niveau de la formation (la Maison des Associations via l’école du bénévole, l’IRTS, l’IAE, les associations telles les CEMEA, l’AREP, la CRES…)

Le développement de la vie associative dans la ville de Saint-Denis ne peut être effectivement compris sans tenir compte de ces interventions.

De l’idée d’aider au risque d’ingérence

L’idée que la Mairie « aide » au développement de la vie associative est bien évidemment très positive mais elle pose, également, un certain nombre de questions. Elle amène notamment un risque d’ingérence à travers des intérêts et des valeurs parfois différents de ceux défendus par les intéressés eux-mêmes. Les acteurs ici évoqués : les élus, les responsables de la Mairie ou encore les techniciens ne peuvent satisfaire tout le monde, ils ont à arbitrer face à des demandes souvent contradictoires. Concernant les élus, les budgets alloués aux associations restent forcément limités, face à l’ensemble des demandes de financement, il faut faire des choix.  Concernant les employés de la Mairie, il leur faut aider les personnes à structurer leur projet sans trop prendre leur place. Nous examinons à présent ces contradictions.

Aides financières et accompagnement

 

Nous pouvons aborder la participation de la Mairie de Saint-Denis au développement de la vie associative selon deux aspects :

*      les aides financières ;

*      le personnel affecté à l’accompagnement des projets associatifs.

 

3.1. Les aides financières

Les aides financières de la Mairie sont attribuées suivant des conditions de fonds définis par les différents élus et des conditions de formes, elles doivent correspondre aux exigences des formulaires et suivre un circuit bien établi ;

« Travailler dans le monde associatif, la